mercredi 5 janvier 2022

Si les signes vous fâchent... – Chronique du 6 janvier

Bonjour-bonjour

 

Impossible d’y échapper : les mots du président Macron, qui juge irresponsables ces français qui refusent de se faire vacciner et qui leur promet d’être plongés dans la merde, focalisent tous les commentaires. On y a vu une menace de déchéance de citoyenneté ; mais surtout parce qu’en leur promettant de les « emmerder » le chef de l’État emploie un mot tabou – n’interdisons-nous pas à nos enfants de prononcer ce mot « sale » ?

 

- Et en effet le mot « Merde » est un mot « sale » au point qu’il était autrefois irrespectueux de le prononcer : on le remplaçait par la formule « le mot de Cambronne » une périphrase qui avait le mérite non seulement d’éviter l’évocation des excréments, mais encore de faire allusion à la bravoure française face à des ennemis britanniques qui ne méritaient pas mieux.

Il est vrai que l’injure qui fonctionne à partir de l’identification de l’adversaire à un déchet organique fonctionne ici à plein et que promettre  de plonger son interlocuteur dans cet élément est fort discourtois.

- Toutefois il faut se rappeler que si les mots sont une chose, la réalité en est une autre – ce que Rabelais disait il y a déjà fort longtemps : « Si les signes vous fâchent, Ô combien vous fâcheront les choses signifiées ». (Tiers livre – Chapitre 20)


--> Qu’est-ce que le mot en question ?

- Ceci :

 


--> Qu’est-ce que la chose signifiée ?

- Ceci :

 


Comme on le voit, le signe est loin d’être aussi désagréable que l’objet : conservons notre indignation pour la chose et non pour le mot qui la signifie. Il ne faudrait donc pas en tenir rigueur au Président, à moins que sa parole n’ait une force particulière du fait de sa fonction ? Mais alors, quelle est la faute commise par les français réfractaires au vaccin ?

 

Il faut revenir à la déclaration présidentielle : « Les personnes non vaccinées a-t-il dit sont des "irresponsables" "Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen".

En refusant de protéger les autres de la contamination et en les privant des moyens de se soigner en venant embouteiller les hôpitaux, ces non-vaccinés ont commis une faute particulièrement grave – au point qu’elle constituerait une rupture du pacte civil entrainant leur mise au ban de la citoyenneté. C’est ce pacte qui unit tous les hommes à l’intérieur du même peuple par l’engagement de se protéger les uns les autres qui serait rompu par le refus de se faire vacciner ; avec cette rupture se trouverait automatiquement détruite la citoyenneté qui garantit les droits de chacun. 


Pendant les manifestations des antivax qui ont eu lieu tout l’été, on a fait de la pédagogie pour leur expliquer cela. Il est temps à présent d’en tirer les conséquences.

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