samedi 1 janvier 2022

La fête est finie – Chronique du 2 janvier

Bonjour-bonjour

 

Hé oui... La fête est finie ! Plus de guirlandes dans le sapin, plus d’huitres sur le balcon, plus de champagne dans le frigo. Et du coup la mélancolie s’installe, plus d’envolées dans l’excitation et la joie ; plus d’embrassades émues avec les parents et les amis sous le gui ; plus de bouchons qui sautent. Rien que la déprime du petit matin dans la cuisine blafarde et le Nespresso qui pisse dans la tasse ; et bientôt – demain ! – le RER vers le travail...

o-o-o

- Alors, qu’est-ce que la philosophie peut nous dire pour donner du sens à cette vie de m*** ?

- Écoutez Spinoza, mes amis : Post coitum omne animal tristis est (= Après la jouissance vient la tristesse) (1). 

- Quoi ? C’est Spinoza qui dit ça ? Il philosophait donc en regardant avec regret son membre finir de s’égoutter...Pas de quoi stimuler la réflexion... (2)

- Oui, je sais : ce n’est pas comme ça que nous allons nous consoler. Imaginer qu’un 2 janvier on soit comme après l’orgasme, c’est un peu cynique. Sauf qu’il faut en profiter pour repenser notre attitude face à la vie. Après tout, notre présent est peut-être plus valable qu’on ne le croit, et la fête moins qu’on ne l’a supposée. Dans le passage cité, Spinoza explique que la volupté n’est pas un bien durable et qu’après elle vient la tristesse, entendez que nous perdons les élans qui nous ont portés pendant un temps. Mais pourquoi avons-nous cru que là était le vrai bien ? Et si c’était aujourd’hui que le vrai bonheur existait ? Si c’était dans ce mouvement répétitif de la quotidienneté que la force et la vérité de notre vie se dévoilait ?

- Alors écoute moi, philosophe de mes fesses. Moi, je préfère les poètes et les révoltés, ceux qui ne se satisfont pas de repartir au boulot dans le petit matin brumeux. Mon modèle, ce n’est pas l’intello mélancolique, c’est le poète insoumis, celui qui a définitivement rompu avec le présent et qui ne sait chanter que l’avenir. « J'aimerais que ma vie ne laissât après elle d'autre murmure que celui d'une chanson de guetteur, d'une chanson pour tromper l'attente.

Indépendamment de ce qui arrive, n'arrive pas, c'est l'attente qui est magnifique. » 

André Breton : tu nous manque bien en ce moment.

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(1) Spinoza – Traité de la réforme de l’entendement (§4).

(2) Certains diront que Spinoza ne pensait qu’à l’orgasme masculin et nullement à l’orgasme féminin. Après l’orgasme, les femmes rient – il semble que Spinoza l’ait ignoré.

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