mercredi 27 décembre 2023

Adresse aux optimistes qui ne devraient pas l’être – Chronique du 28 décembre

Bonjour-bonjour

 

Chers amis optimistes, nous voici à la fin de l’année à l’heure des bilans.

Vous constatez avec satisfaction combien la condition des femmes s’est améliorée : après avoir conquis l’égalité de droit avec les hommes, les voici qui conquièrent à présent l’égalité de fait. Les violences subies durant des siècles, les humiliations, les injustices, sont à présent dénoncées et poursuivies : la peur a changé de camp, et même les idoles comme Gérard Depardieu sont devenues des agneaux bêlant de tendresse et de respect.

 

Et pourtant… Je conversais récemment avec une jeune femme dont la réussite professionnelle n’était plus à démontrer. Ajointe au Principal d’un collège, je m’attendais à ce que la conversation s’oriente vers les élèves, leurs parent ou encore les programmes. 0r, la voici qui dénonce l’existence dans ces établissements, d’une vraie « confrérie » masculine, regroupant des hommes qui exercent un pouvoir si mince soit-il, et dont les propos renvoient leurs collègues féminines  à leur inconsistance, les confinant dans un rôle d’objet de convoitise - à moins qu’elles ne soient « imbaisables ».

Oui, mes chers amis, voilà où nous en sommes alors que 2023 s’achève et que les femmes victimes de discriminations ont, croyions-nous, remporté des victoires définitives sur le machismes. Nous voici en réalité au constat que rien ne bouge, même pour les femmes reconnues pour leur compétence et leur volonté d’agir – et nous ne sommes pas chez les camionneurs où les chasseurs. 

Dessin de Reiser 


Ces femmes sont pourtant fonctionnaires, recrutées sur la base du mérite, et elles ont fait la preuve qu’elles y ont toute leur place.

 

On doit le dire : la soi-disant révolution du féminisme n’a pas réussi à faire réellement bouger les choses – du moins pas partout. La misogynie n’a toujours pas succombé, parvenant à se dissimuler sous des dehors bien proprets. Mais dès que ces hommes se retrouvent en position de force, dès qu’ils ont un tant soit peu de pouvoir, le verni s’écaille, et la meute réapparait.

Le pouvoir ! Ce mot doit nous éclairer. Si ma jeune interlocutrice s’estime discriminée, ce n’est pas en raison d’une position subalterne ; c’est parce que les hommes qui l’entourent pensent que leur pouvoir à eux est un pouvoir de domination parce qu’il est viril. Ce dont les femmes qui leur conteste leur position ne peuvent bien sûr pas se prévaloir. Leur pouvoir à elles, faibles femmes, est nécessairement affaibli, édulcoré par leur féminité. Ce fantasme est tellement vivace qu'il nous parvient intacte du fond des siècles.

 

--> Tant que cette conscience d’une suprématie masculine survivra, alors des hommes aussi sympathiques que Gégé resteront des gros porcs.

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PS Il s’agit d’un établissement du sud de la France

Cela aurait-il une importance ?

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