mercredi 23 septembre 2020

Adieu, Juliette – Chronique du 24 septembre

 

 


 

Bonjour-bonjour

 

Aujourd’hui Juliette Greco nous a quitté comme on dit, et cette nouvelle m’attriste, un peu comme si je perdais une amie capable de montrer où passait le chemin à suivre. Ce que Juliette Gréco nous apporté : une liberté insouciante, qui franchit les imites sans même se demander ni ce qu’elles font là, ni même si elles existent. Je ne sais pas si elle a milité pour la « cause des femmes » mais elle n’en avait pas besoin : sa vie proclamait suffisamment que la liberté par définition, ne connait de limites que celles qu’elle a elle-même choisies.

Un souvenir de cet attachement suscité par ses chansons et par sa vie :

- J’ai par le passé, dans un blog intitulé « La citation du jour » médité sur cette chanson qui est restée dans les mémoires : « Déshabillez-moi » et qui qui commence comme ça : 

« Déshabillez-moi, déshabillez-moi / Oui, mais pas tout de suite, pas trop vite / Sachez me convoiter, me désirer, me captiver » et qui finit comme ça : « Déshabillez-moi, déshabillez-moi / Maintenant tout de suite, allez vite. »

Et je mettais en regard de la version de Gréco, celle qui fut interprétée en public par Mylène Farmer dans une tenue de scène très dénudée : elle avait besoin de se mettre en maillot de bain, pour chanter « déshabillez-moi », et je pointais le ridicule de la situation.

Mais, revenant à Juliette Gréco, je poursuivais ainsi : « Avec cette chanson on a toute une pédagogie du désir - au féminin, mais pas seulement – qui nous explique à quoi servent les préliminaires amoureux, pédagogie rendue sensible par la durée de la chanson : 3 minutes 34 secondes. On ne peut pas faire moins. C’est une chanson-recette du désir amoureux ; et comme pour une bonne recette de cuisine, il ne faut pas se tromper dans les proportions ni dans la durée de cuisson. Il faut prendre son temps, mais quand c’est cuit, alors il faut déguster : le soufflé risquerait de retomber !  « Déshabillez-moi, déshabillez-moi / Maintenant tout de suite, allez vite. »

Oui, Juliette fut comme ça, toute de charme et de douceur, mais elle savait aussi comme les chats cacher ses griffes jusqu’à ce que, brutalement, la Juliette-bottes-noires-fouet-de-postillon se démasque : « Déshabillez-moi… Et vous, déshabillez-vous ! »

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