dimanche 18 novembre 2018

"CE N'EST PAS QU'UNE QUESTION D'ESSENCE" : DES "GILETS JAUNES" EXPLIQUENT LES RAISONS DE LEUR COLÈRE

« En 2017, ce boulanger-pâtissier salarié de 38 ans, cinq ans après avoir voté pour François Hollande, il avait glissé un bulletin Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. "On ne peut pas savoir ce que cela aurait donné, reconnaît-il. On ne croit plus trop en eux. Cela aurait peut-être été pire, mais je voulais essayer." En 2018, pour se faire entendre différemment, il a choisi les "gilets jaunes". » A lire ici.
Comme suggéré hier, la révolte des Gilets jaunes va selon nous plus loin qu’une revendication anti-fiscale. Elle exprime le refus de la précarité et de la pauvreté, et elle exprime la volonté de modifier son sort par une action directe.
Bien sûr on n’en est pas encore aux émeutes de la faim ni à la guerre des farines (1). Mais on a compris que pour lutter contre la pauvreté, le bulletin de vote n’est pas l’arme qui convient : ni pour élire un candidat aux promesses miraculeuses ; ni pour voter par référendum pour refuser la misère (2). Autrement dit, la présence physique des contestataires sur le terrain – des gens qui se bornent pas à montrer des pancartes, mais qui bloquent la circulation – pourrait n’être que la première étape d’un processus qui délaisse le bulletin de vote pour un mode d’action plus concret.
C’est vrai, je n’ai pas de boule de cristal et je ne sais pas lire dans le marc de café. Mais en revanche je sais lire les journaux et le cas de la Grèce (cf. note (2)) est bien instructif. On me dira que les grecs ont finalement courbé l’échine et accepté la misère contre la quelle ils venaient de voter : c'est que justement ils n'ont fait que voter. Autrefois les jacqueries finissaient par le pillage des châteaux où les manants venaient se servir directement eux-mêmes.
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(1) Voir ici. On peut remarquer que la guerre des farines est consécutive au renchérissement du prix du blé, suite à sa libéralisation par Turgot. Notre gouvernement ferait bien de se documenter.

(2) Allusion au référendum grec de juin 2015 refusant le plan d’austérité de la « Toïka » – à la suite de quoi le gouvernement a appliqué les mesures refusées comme si rien ne s’était passé.

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