vendredi 3 septembre 2021

Bi-polarité – Chronique du 4 septembre

Bonjour-bonjour

 

Notre société m’étonne toujours plus. Alors que chaque samedi des hommes et des femmes défilent dans les rues au nom de la liberté, bafouée semble-t-il par l’obligation sanitaire, d’autres continuent de réclamer plus d’aide de l’État, plus de subventions pour les secourir dans leurs difficultés quotidienne. 

Tout se passe comme si deux forces antagonistes gouvernaient la mécanique sociale : une force cohésive, qui rassemble les individus autour d’un noyau qui concentre le pouvoir ; et puis une force dispersive qui résulte de la prépondérance des individus. La demande de secours mutuel constitue la force centripète ; l’affirmation de la liberté inaliénable des individus est la force centrifuge. En temps normal les deux forces s’équilibrent grâce à un réseau de lois ou de coutumes ; en temps de crise, on voit l’une ou l’autre de ces tendances entrer en conflit avec l’autre. Les crises que nous traversons depuis quelques années indiquent qu’elles peuvent alterner : d’abord une revendication généralisée concernant les aides que l’État devrait apporter aux plus démunis – on a les revendications des Gilets jaunes ; ensuite la défense des libertés individuelles contre l’invasion de la dictature de l’État – ce sont les anti-pass.

- Ce qui étonne ce n’est pas que ces deux tendances coexistent, car cela fait longtemps que nous avons eu l’occasion de les observer. Par contre, ce qui surprend d’avantage, c’est que les deux crises se juxtaposent si étroitement, les Gilets jaunes qui réclamaient « On veut plus d’État ! » remplacé immédiatement par ceux qui dénoncent son existence.

Aurions-nous une société schizophrène qui conspue aujourd’hui ce qu’elle réclamait hier ? Ou bien ne serions-nous pas obligés de nous protéger en permanence des excès de l’État ? Alors que les secours publics pleuvent depuis le « Quoiqu’il en coûte » du confinement, l’obligation du pass vient nous rappeler que ces aides ne sont pas sans contrepartie. 

- Le lien entre ces deux situations tient au fait que le pouvoir reste quand même ce qu’il a toujours été : une force invasive qui ne respecte les individus qu’en raison des bornes qu’ils imposent à son pouvoir. 

Seulement, comme le libéralisme nous le montre, pour faire que l’État ne vienne pas s’occuper de mes affaires, il ne faut pas lui demander de les prendre en charge, et donc qu’il ne fasse rien pour moi quand je suis en galère : le cas des frais médicaux en Amérique l’a bien montré à l’époque de l’Obamacare. Et quand l’Etat secourt les pauvres gens, il a aussitôt tendance à venir fourrer son nez dans leurs affaires et à vérifier qu’ils ne profitent pas de l’allocation de rentrée pour s’acheter des écrans plats au lieu des cahiers pour le petit. En tout cas on sait que J-M Blanquer fait surveiller la vente de téléviseurs durant le mois de septembre : ce n’est pas innocent.

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