samedi 18 septembre 2021

Les raseurs du dimanche – Chronique du 19 septembre

Bonjour-bonjour

 

Je vous préviens, aujourd’hui je vais être ronchon. Pourquoi ? Parce que l’actualité me met sous les yeux cet objet connecté à ma douche capable de dire en temps réel la température de l’eau, la quantité consommée, et combien je suis responsable de la fonte des glaces qui va faire crever ce malheureux ours blanc. (Là, sur l'écran LCD... Vous ne le voyez pas ? Regardez mieux)

 


 « L’alimentation électrique s’effectue via une micro turbine et vous devrez donc faire couler de l’eau pour démarrer l’installation avec l’app Hydrao. L’écran LCD vous indique, quelques secondes après le début de la douche, la consommation d’eau et sa température en temps réel. À la fin, vous avez un résumé de la consommation énergétique et d’eau totale, ainsi que la classe d’efficacité énergétique de votre douche, classée de A à G. » dit le descriptif expliquant aussi que l’heure de la douche censée nous apporter détente et tonus va nous transformer en anxieux qui tremblent de se frictionner les fesses un peu trop longtemps au risque de faire fondre la banquise.

 

Et tout ça pourquoi ? Parce que, nous dit l’article, l’eau est une ressource qui devient rare en raison de la surconsommation des pays développés – sauf chez nous, pays béni des Dieux, qui ne redoute en cas de sécheresse que l’empêchement de laver sa voiture et de remplir sa piscine – à l’exception notable des provinces du sud de la France. Et le même article de nous expliquer que cette ressource doit être protégée au nom de la préservation de la planète...

Bref – ce qui me hérisse c’est qu’on nous fait la leçon de la sur-consommation, comme si notre consommation d’eau la détruisait purement et simplement. Or, l’eau de la douche que devient-elle ? Elle file droit vers les égouts, les quels vont la rejeter après traitement ad-hoc ... dans la rivière dont elle provient. xm2 « consommés » = xm2 récupérés.

Pas clair ? Quand je mets un verre d’essence dans le réservoir de ma voiture, il va se dissiper en toutes sortes de substances vénéneuses et l’essence quant à elle, va disparaitre. Maintenant quand je bois mon Ricard vespéral, tout le volume de la boisson va, suivant un trajet physiologique sur lequel je n’insisterai pas, rejoindre la terre d’où il provient.

Alors, mis à part le coût de l’opération en termes d’assainissement, je ne vois pas où est le mal.

Sauf que... l’écologie actuelle n’est pas seulement punitive elle est aussi culpabilisante : il faut absolument qu’on se sente responsable de catastrophes et coupables des malheurs d’espèces vivantes qui ne nous ont rien fait – comme cet ours blanc sur l’écran de la douche. Or, faut-il le rappeler, l’eau est une ressource qui ne se délocalise pas, qui ne se mondialise pas. Plus je consomme de carburant, plus je diminue le stock sur le quel l'humanité entière peut s’approvisionner. Si je renonce à ma douche dominicale pour éviter de faire baisser le niveau de la Seine, ça ne va pas contribuer à réhydrater le Sahel.

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