mardi 16 novembre 2021

Mur anti-migrants polonais : le lynx impacté – Chronique du 17 novembre

Bonjour-bonjour

 

Pas facile de se faire un avis concernant le « mur anti-migrants » que la Pologne s’apprête à construire entre son territoire et celui de la Biélorussie. Les uns l’approuvent, principalement les juristes : il est « d'autant plus légal qu'il est question de renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l'espace Schengen ». En effet depuis les accords de Schengen, on relativise les frontières entre les pays de la zone Schengen, mais on renforce les frontières avec l'extérieur », tout en regrettant que cela aboutisse à une conception d'Europe forteresse." D’autres juristes pourtant, tels que Dorota Dakowska, professeure à Science Po Aix, le regrettent, soulignant qu’une frontière « est toujours un lieu de passage ».

En outre, ce mur pourrait passer par la forêt primaire de Bialowieza et constituer "un danger pour la reproduction de certaines espèces, comme le lynx".

Et la France ? Gabriel Attal, a réaffirmé mardi que la France et l'Europe voulaient faire "respecter nos frontières". La France "est en solidarité avec les pays confrontés à cette situation", et elle n'a « pas de leçons à donner à Varsovie ». (Lire ici)

 

- Oui, vous avez bien lu : Gabriel Attal affirme bien que nous n’avons pas de leçons à « donner » (et non à « recevoir » comme habituellement). Autrement dit, on est globalement contre les murs frontières, sauf s’ils sont vertueux, entendez s’ils protègent notre territoire, ce qui, selon les traités européens, est le cas des frontières extérieures de l'espace-Schengen.

Voilà où on en est. Et les malheureux migrants coincés entre deux rangées de soldatesque polono-biélorusse (sic) ? Que pensent-ils de ces querelles à propos des parpaings qui vont venir redoubler les barbelés ? Soumis à la pluie et au froid, occupés à réchauffer les pieds de leurs petits qui gèlent, ont-ils encore un peu d’énergie pour débattre du sort qui devrait leur être réservé ?

On dira que le problème est d’autant moins tragique qu’ils ne sont que quelques milliers. Certes. Mais alors le refus de les aider est d’autant plus cruel – et il pèsera d’autant plus lourd dans la balance au jour du jugement dernier.

 


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