dimanche 24 mai 2020

Êtes-vous bête à manger du foin ? – Chronique du 25 mai 2020

Bonjour-bonjour

Dites-moi, cher(e) lecteur/lectrice : êtes-vous bête à manger du foin ? Ce ne serait pas gentil de ma part de vous dire cela, si du moins j’en crois ce que j’ai lu récemment dans une chronique polémique à propos d’un opposant jugé particulièrement borné. 
--> Pourquoi « à manger du foin ? » Pourquoi pas à manger du steak ou du quinoa ?
Sans doute parce qu’on s’identifie ainsi aux ruminants qui sont particulièrement lents à remâcher leur foin, ce qui serait pour nous une activité peu reluisante – pour autant qu’elle illustrerait notre manière de raisonner...
En réalité le principe est plus large que cela et tous les tabous alimentaires sont là pour le confirmer : nous nous identifions à ce que nous mangeons – ce n’est pas le ruminant qui se révèle par le foin remâché, c’est le foin qui fait le ruminant. Mangez du porc et vous en serez un. Et d’ailleurs, toutes les religions nous le serinent : mangez de la nourriture impure et vous serez impur, exactement comme si vous alliez patauger dans la bauge aux cochons.

Alors, et nous : quel est notre tabou alimentaire, nous qui récusons la plupart du temps ceux de la religion (observez que le tabou de la viande du vendredi est tombé il y a bien longtemps chez les catholiques) ? Avons-nous des tabous laïques ? Et si c’est le cas, en quoi consiste la part de surnaturel sans lequel il semble bien que les tabous n’aient pas de sens ?
Admettons que nous refusions de manger de la viande, comme beaucoup de nos semblables aujourd’hui : pourquoi le faire ? Pour éviter la souffrance animale ? Ce steak savoureux dans mon assiette n’est-il pas en réalité une tranche de la cuisse de la Rosette, la vache du père Magloire qui a eu il n'y a pas si longtemps un si mignon petit veau ? Et justement ce petit veau, n’avait-il pas un rapport avec cette délicieuse blanquette servie hier ? En consommant de la viande on devient simplement complice des assassins dans les abattoirs.




Ah ! Non ! Plus jamais ça ! Devenons végétariens et puis tiens, tant qu’on y est : soyons véganes. Et faisant cela nous serons animés par la violence de la conviction religieuse prête à excommunier les mécréants.
Peu importe d’où ça vient, mais ça vient.

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