mercredi 7 septembre 2022

Primum vivere deinde laborare - Chronique du 8 septembre

Bonjour-bonjour

 

Parmi les surprises qui accompagnent les bouleversements qui se succèdent depuis 2 ans, on trouve le mouvement, baptisé la « Grande démission » (the Great Resignation aux US), qui se caractérise par la démission de travailleurs et d’employés qui quittent un emploi pourtant stable. Venu des Etats-Unis où il entraine des pénuries de mains-d’œuvre et provoque une augmentation des salaires (voir ici), cette tendance se généralise maintenant aux pays développés dont la France.

Mouvement incompréhensible pour ceux qui en sont restés à l’époque du chômage de masse où un CDI paraissait être le Graal, il évoque pourtant quelques souvenirs dans les vieux cerveaux des boomers.  

- Rappelons-nous : nous étions en 1973, un film venait de sortir qui s’appelait « l’An 01 » : il décrivait une époque utopique où les gens refusaient de travailler, les seules activités encore en marche étant celles dont la nécessité était flagrante : le mot d’ordre était « On arrête tout et on réfléchit ».  Cette utopie était une critique du productivisme et de l’économie de marché. On croyait à l’époque que le refus du travail était la condition pour accéder à la liberté et au développement personnel. 

 

Aujourd’hui, c’est un peu de ce mouvement qui est ressuscité, avec ces travailleurs qui refusent de continuer à subir des conditions d’emploi jugées insupportables. Venu de la restauration durant le covid, quand on n’a plus retrouvé à la réouverture des restaurants des gens pour travailler en décalé tout en étant payé au lance-pierre, ce mouvement a fait tache d’huile dans tous ces emplois mal payés et éreintant tel que « les services à la personnes ».

--> Conséquence : plus personnes pour aller torcher les boomers qui croupissent dans les ehpads, ni pour tenir la caisse du Carrefour.

 

Ne croyez pas pour autant que ce serait là une révolte de « la France d’en bas ». Mon médecin me disait récemment que le manque de praticiens de ville tient aussi au fait que les jeunes médecins qui prennent aujourd’hui la succession des vieux ne voulaient plus travailler comme eux, 12 heures par jour et 6 jours sur 7. Eux aussi veulent du temps libre pour aller chercher leurs gamins à la sortie de l’école et des week-end avec les amis.

Primum vivere deinde laborare

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire