vendredi 27 juillet 2018

CE N’EST PAS D'AFFAIRE D'ETAT JUSTE UNE AFFAIRE D'ÉTÉ

Alexandre Benalla au 20h de TF1 : "Je n'ai donné aucun coup. On essaie d'atteindre le Président, c'est profondément injuste. Il n'y a pas d'affaire d'Etat juste une affaire d'été" (Vu ici)

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mes chers lecteurs, mais moi, l’ « affaire » Benalla, j’en ai ras-le-citron. Car, entendre encore et encore l’histoire de cet homme qui serait l’indice de l’existence d’une équipe de l’ombre chargée des basses besognes de la Présidence – basses besogne dont on découvre alors l’existence jusqu’ici ignorée – ça fait juste suer, non pas de canicule mais d’ennui.
Heureusement, monsieur Benalla a le sens du bon mot, lâché juste quand il faut et là où il faut, comme ici de l’assonance de l’Etat et de l’été, assorti du contraste entre cette ressemblance et la différence du sens ; car on se doute qu’une affaire d’Etat dure un peu plus qu’un été. Bref, monsieur Benalla nous pond une paronomase, l’air de dire : « Vous voyez, mon cas me donne si peu de souci que j’ai encore l’esprit suffisamment libre pour faire un bon mot à cette occasion. »

Cette remarque n’aurait pas plus d’importance que de nous faire sourire si elle ne venait nous rappeler combien la presse (écrite pour l’essentiel) a donné d’importance à ces jeux de langages et cela depuis la création du journal Libération en 1973 (voir ici). On remarquera que, malgré son évolution politique, ce journal ne s’est jamais départi des ces jeux et calembours qui ont fait sa marque de fabrique, peu à peu reprise par toute la presse, jusqu’aux titres les plus sérieux. Car c’est un peu comme le sucre dans les confiseries : au début on s’en délecte, et puis, l’habitude venant, on lui demande juste d’être sucrée pour qu’on remarque qu’il s’agit bien d’un bonbon.

Bref : le journal qui a débuté dans ce genre a été le Canard enchainé, pour le quel il constituait un marqueur de « journal satyrique ». Suite à l’aventure Libé, c’est juste un moyen d’attirer l’attention.

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