vendredi 29 janvier 2021

Mmmhh ça sent l’homme – Chronique du 30 janvier

Bonjour-bonjour

 

Demain dimanche, que ferez-vous, chers amis ? Vous prendrez votre bain dominical, histoire de vous présenter purifié à l’office divin ? Très bien. Mais dites-moi, qu’est-ce que vous allez éliminer lors de ces ablutions ? De la crasse ? Mais non, vous n’êtes pas vraiment sale ; ce que vous allez éliminer c’est l’odeur déplaisante qui se dégage des replis de votre corps – odeur délivrée après plusieurs heures de macération.

Regardez ça :

 


 

Ça ne vous dit rien ? Oui, c’était en 1970, à une époque où en matière d’odeur repoussante, seules les dames pouvaient être évoquées. Mais aujourd’hui où l’égalité homme-femme est devenue la règle, voici ce qu’on lit : 

« Une salle de sport à 18h : ça sent l’homme. Et si, sentir l’homme c’était libérer une odeur boisée, sophistiquée et moderne ? Ou répandre une odeur puissante mais délicate en sortant du sport ? (…) Changeons « Ça sent l’homme » par « Mmmmhh ça sent l’homme. (Publicité pour « Bon homme » parfum crée par Jules – N.B. : idéal pour la St. Valentin) 

Équité oblige n’est-ce pas ? Mais en 1970 comme nous l’a montré cette pub il s’agissait d’empêcher l’odeur de se former en éliminant la transpiration dont la macération va produire ces exhalaisons repoussantes. Aujourd’hui, ce qu’on veut ce n’est pas le degré zéro de l’olfaction, mais qu'au contraire, lorsque l'homme sort de la salle de sport, qu’il laisse dans son sillage une odeur signifiante et délicieuse. Oui, lorsqu’un homme passe, avoir, même les yeux fermés, la sensation grisante de cette présence virile. Aujourd'hui nous ne cherchons plus à éradiquer l’odeur, ni à la masquer (comme à l’époque Louis XIV avec ces parfums musc-ambre-clou de girofle) ; ce que nous cherchons, c'est à délivrer un autre parfum chargé de signifier la personne. La question n’est pas : « L'homme,  qu’est ça sent ? » Mais « Quand je pense à l’homme quelle senteur me vient à l’esprit ». Ah… La bergamote ! Le patchouli ! Et la sauge aussi. Mais la psychanalyse le dit : nous ne rencontrons jamais le réel, nous ne faisons que le fantasmer - sauf qu’en matière de fantasme, tout est possible, y compris le fait d’être émoustillé(e) par des odeurs pas très ragoûtantes comme l’exhalaison de l’haleine au petit matin (lire ici). 

Beurk… Mais si vous n’aimez pas ça, n’en dégoutez pas les autres. Voyez ce qu’il vous reste à faire, messieurs pour faire chavirer le cœur de certaines dames.

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