jeudi 26 septembre 2019

"CAMÉLÉON BONAPARTE" : JACQUES CHIRAC VU PAR LA PRESSE ÉTRANGÈRE

La mort transfigure la vie et les panégyriques ne retiennent que les faits glorieux accomplis par le défunt.
Pourtant si l’on regarde les réactions à la mort de Jacques Chirac, telle que vue depuis l’étranger, on a une toute autre impression. En particulier celle de « girouette » changeant d’avis selon ses ambitions ; et celle de Bonaparte, chef autoritaire – mais ça c’est bien entendu un travers très français : on ne va pas reprocher aux français de juger selon leur identité.
Les anglo-américains ne ménagent pas Jacques Chirac, même après sa mort. Laissons tomber la rancœur des américains plantés par le Président français en pleine préparation de la guerre anti-Saddam ; et la détestation des français consubstantielle à la nation anglaise. Il faut dire aussi que certains « éloges » funèbres françaises ne valent pas mieux.
Mais justement : n’est-ce pas là que se rencontre la sincérité ? Certes il ne s’agit pas de dire du mal des morts rien que pour être sincère. Mais quoi ? La mort transfigure-t-elle véritablement la vie ? Malraux disait « la mort transforme la vie en destin », signifiant par là que, d’un coup, tous ses épisodes prennent un sens dans le parcours complet de la vie – n’est-ce pas là déjà beaucoup ? Faut-il en plus que ce soit un parcours glorieux – voire héroïque ? Récemment, sur un plateau télé les invités faisaient l’éloge d’un réalisateur ciné qui était présent. Gêné de tant d’amabilité, ce dernier a juste dit : « J’ai cru que j’étais mort ».

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