samedi 21 mars 2020

Journal d’un vieux confiné – 22 mars 2020

Devant l'uniformité des infos et durant toute la période de confinement, je remplacerai mes commentaires par ce journal.
 o-o-o

Bonjour-Bonjour !

J’ai fait une expérience simple : ouvrir la page Google-actualité et compter le nombre de titres d’articles ne comportant pas le mot « corona-virus » ou « confinement » : résultat évident : seuls 3 ou 4 titres échappent à ce crible et encore s’agit-il parfois de simples périphrases.
Résultat : la plupart des chroniqueurs de blog ou de Facebook racontent comme je le fais leur propre confinement.
Double écueil : d’abord risquer de raconter tous la même chose ; ensuite se perdre en propos sans intérêt pour le lecteur. Comment l’éviter ?

Il suffira d’être soi-même différent ou plutôt de raconter sa différence en faisant en sorte que ça puisse intéresser les autres. Ce qui suppose une certaine dose d’immodestie, mais que voulez-vous ? On ne peut faire sans cela et je remarque quand même que les « réseaux sociaux » ne débordent pas des propos de gens modestes.

Donc, moi : qu’est-ce que je fais de tout ce temps libre ? Eh bien je lis. Banal. Sauf que je n’ai plus grand-chose à lire et tant qu’à faire de relire, j’ai choisi de reprendre les classiques lus du temps où j’étais lycéen et fort peu enclin à apprécier la littérature dont on me gavait à grand coup de menaces. L’avantage du procédé est de pouvoir télécharger sur ma tablette sans recourir à la livraison Amazon et de surcroit que ça soit entièrement gratuit.

Je commence par le Rouge et le noir le chef d’œuvre de Stendhal, fort décrié par mes propres enfants et de surcroit en bonne place dans le Top-ten des livres réputés illisibles (1) au côté de l’Ulysse de Joyce, de la Recherche du temps perdu et des Bienveillantes de Jonathan Littell : des pavés pour la plupart, ce que n’est pas le livre de Stendhal ; rédigés dans un style fort étrange ce que ne fait pas Stendhal. – Alors quoi ?
Je lis donc le livre et je trouve une histoire charmante, racontée d’un ton badin par un narrateur qui s’implique de façon assez personnelle dans le récit, ce qui est également plutôt sympathique. Qu’est-ce qui fait donc tomber le livre des mains des lecteurs d’aujourd’hui ? Et symétriquement qu’est-ce qui fait que certains comme moi, le jugent fort plaisant, au même titre que Balzac ?
Dans l’article nommé ci-dessus, le Rouge et le Noir est situé juste à côté de Madame Bovary en raison des personnages jugés lâches médiocres et stupides : façon de dire que les auteurs du 19ème siècle ont gardé la tendance des romantiques pour les beaux sentiments ? Goethe n’échappe-t-il à cette liste qu’en raison de l’oubli où ses plus grands chefs d’œuvres ont succombé ? Les souffrances du jeune Werther, ce n’est pas mal non plus…
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