mercredi 25 mars 2020

Journal d’un vieux confiné – 26 mars 2020

Devant l'uniformité des infos et durant toute la période de confinement, je remplacerai mes commentaires par ce journal.

Bonjour-Bonjour !


Vous, je ne sais pas, mais moi je passe des nuits de plus en plus agitées. Impossible de trouver le sommeil, réveil en cours de nuit, endormissement sous condition d’épuisement nerveux, etc… Et tout ça a un nom : le traumatisme de l’épidémie.
Bien sûr les conditions sont objectivement stressantes. Jamais de toute ma vie je n’ai connu une telle situation – jamais pas même en mai-68. Menace de mort par asphyxie, confinement, risque de ré-envahissement du virus avec un confinement périodique, et surtout descriptions des zones « en tension » où la vie et la mort se côtoient en permanence : c’est surtout là que la notion de guerre avec son front, sa seconde ligne et – comme le dit le Président – la troisième ligne, c’est-à-dire nous, nous dont le mérite est de ne surtout rien faire - et surtout pas sortir de chez nous.
Tient, ça me rappelle le dessin de Forain pendant la Grande Guerre :



« - Pourvu qu’ils tiennent
- Qui ça ?
- Les civils »

Comme quoi l’histoire se répète
- Encore autre chose qui me stresse (comme si ça ne suffisait pas). C’est l’inondation de nouvelles, de conseils, de réflexions sur l’épidémie et ses conséquences – catastrophiques, forcément. Il y a bien sûr une part de bêtise du public, c’est-à-dire de nous. Car si excès il y a c’est parce qu’on le veut bien. Sinon on va voir ailleurs et hop, les chaines programment autre chose vite fait, pour récupérer leur audimat. Mais il n’y a pas que ça. Le gouvernement sous la forme du Président, du Premier ministre et du ministre de la santé, viennent tout à tour nous entretenir de la gravité de la situation, histoire de nous rassurer mais surtout de nous faire apprécier leur efficacité et leur compétence. On pense alors à ces mamans qui font peur à leurs petits enfants en leur prédisant les pires embûches (la plupart imaginaires) dès qu’ils vont un peu loin d’elles, pour les maintenir dans leurs jupons. Et ça, ça me fout en rogne.

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