mardi 24 mars 2020

Journal d’un vieux confiné – 25 mars 2020

Devant l'uniformité des infos et durant toute la période de confinement, je remplacerai mes commentaires par ce journal.

Bonjour-Bonjour !

Je suis frappé par l’inventivité de nos concitoyens qui, pour meubler leur confinement se mettent à créer, qui des jeux, qui des moyens de communiquer, qui des astuces pour faire plein de choses sans sortir de chez soi, alors que ça devrait normalement s’imposer.



Voyez cette image : on y voit une dame qui a sorti son chien au bout d’une longue laisse sans descendre de chez elle, et qui maintenant le remonte en hissant la pauvre bête à moitié étranglée.
Cruauté exceptionnelle ? Ou bien situation quotidienne relevée simplement parce qu’on n’a plus rien à faire sauf à « mater chez les voisins » ? En tout cas, on peut y voir une métaphore de ce qui va nous arriver quand, devenus pensionnaires dans les Ehpads et victimes du virus, on utilisera ce procédé pour évacuer notre dépouille sans avoir à monter le cercueil. D’ailleurs, je suis sûr que dans les vieilles rues de Naples on fait déjà comme ça.
Il faudrait interroger les anciens taulards de la Santé ou de Fresnes quant aux procédés de communication qu’ils utilisaient pour s’échanger plein de choses. Car en fait de confinement ils en connaissent un bout ! Comme le disait l’un d’entre eux qui est sur le point d’être libéré : « Je serai dehors comme je suis dedans, sauf que pour le moment je suis logé-nourri gratuitement »
Oui, penser notre condition humaine comme celle d’un reclus dont la liberté n’existe que grâce à des procédés détournés ? Je suis sûr que Pascal aurait adoré notre situation de confiné-du-virus. 
Tiens, relisons ce fragment des Pensées : « Un homme dans un cachot, ne sachant si son arrêt est donné, n’ayant plus qu’une heure pour l’apprendre, cette heure suffisant s’il sait qu’il est donné pour le faire révoquer, il est contre nature qu’il emploie cette heure-là, non à s’informer si l’arrêt est donné, mais à jouer au piquet. »
« Pascal use ici de l’image particulièrement dramatique de l’homme enfermé dans un cachot ; mais il la renouvelle en imaginant que ce prisonnier est assez inconscient de son malheur pour se divertir à jouer au moment où il aurait une chance d’assurer son salut. Une sorte de comique tragique rend le symbole particulièrement prenant. » commente le site de l’Université de Clermont (ici)
Allez ! A vous de décrire votre situation dans l’optique pascalienne !

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